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Que faire quand les grands-parents ne respectent pas les règles

7 août 2026

Que faire quand les grands-parents ne respectent pas les règles

Que faire quand les grands-parents ne respectent pas les règles ? La question se pose un dimanche soir, au retour des enfants, quand vous découvrez qu’ils ont dîné de gâteau au chocolat et regardé un écran jusqu’à tard. Vous aviez pourtant été clair. Et là, vous ne savez plus si vous devez laisser faire ou recadrer.

La scène est banale, et pourtant elle touche juste. On y met de l’amour, de la gratitude envers ces grands-parents qui rendent service, et en même temps une petite colère : après tout, les règles, c’est vous qui les portez au quotidien. Les deux sentiments cohabitent, et c’est normal.

Et puis il y a ce que l’on n’ose pas dire : on est reconnaissant, on ne veut pas passer pour le parent ingrat, alors on se tait, et la culpabilité fait le reste. À force de se taire, on finit par exploser pour une histoire de gâteau, et personne ne comprend pourquoi.

« Les grands-parents peuvent donner leur avis, mais ils ne peuvent pas l’imposer. »

Il existe une idée tenace, et plutôt jolie, selon laquelle « chez Papy et Mamie, c’est différent ». C’est un espace où l’enfant peut souffler, où les règles de la maison se desserrent un peu. Sauf que ce flou, quand il devient systématique, finit par peser sur tout le monde.

Poser le cadre sans en faire une guerre

Les parents et les grands-parents doivent être en accord sur un certain cadre à respecter, même si les limites peuvent être négociées sur certains aspects, comme l’heure de coucher ou la quantité de bonbons ingérée en une journée. L’objectif n’est pas d’uniformiser les deux maisons, mais de sécuriser les enfants et d’assurer une constance avec les règles de la maison.

La qualité du lien avec les personnes qui veillent sur lui fonde la capacité future de l’enfant à faire partie d’un « nous » et à bâtir des relations riches, comme le rappellent Siegel & Bryson. Ces règles ne sont donc pas un détail de confort : elles protègent la relation de l’enfant avec ses grands-parents.

Selon la psychologue Suzanne Vallières, la mise en place de cette structure permet aussi aux grands-parents de ne pas se faire manipuler par leurs petits-enfants, qui profiteraient d’un certain flou. Un cadre clair ne sert pas qu’aux parents : il protège aussi les grands-parents, qui savent alors jusqu’où aller sans craindre de mal faire.

Et il faut se rappeler que ces responsabilités ne sont pas toujours faciles à gérer pour des personnes un peu plus âgées, habituées à une routine plus relax. Garder un enfant toute une journée demande une énergie qu’ils n’ont plus forcément, et c’est souvent la fatigue, plus que la mauvaise volonté, qui fait sauter une règle.

Avant de monter le ton, accordez le bénéfice du doute. Il est difficile d’imaginer que grand-mère ne sait pas quand elle a outrepassé une limite, et pourtant, c’est souvent plus un oubli qu’une provocation. Partir de cette hypothèse change tout le ton de la conversation.

Concrètement, le cadre se discute en amont, pas dans l’urgence du retour. On se met d’accord sur ce qui ne bouge pas, le sommeil, la sécurité, les écrans, et on laisse couler sur ce qui relève du confort. Un grand-parent prévenu à l’avance n’a pas le sentiment d’être pris en faute, et un parent qui lâche du lest n’a pas le sentiment de se renier.

Les erreurs qui coûtent

La pire des erreurs, c’est de prendre ces périodes de transition de façon personnelle, en menaçant de mettre fin aux visites chez les grands-parents. Suzanne Vallières insiste là-dessus : la menace coupe la relation, elle ne la répare pas. Un enfant privé de ses grands-parents par un conflit d’adultes en paie toujours le prix.

Il y a aussi l’excès inverse. Des parents plus stricts ont tendance à ne pas vouloir déroger des règles établies au domicile familial, même quand les enfants séjournent à l’extérieur. C’est le cas quand ils décident que toutes les règles de la maison ne passent pas la porte du havre du lâcher-prise. À ce jeu-là, on ne gagne rien, sinon des tensions à chaque retour et des grands-parents qui se sentent surveillés.

Entre les deux, il y a la voie du milieu : tenir sur les règles qui comptent, et accepter que chez les grands-parents, on se couche parfois un peu plus tard. Ce n’est pas du laxisme, c’est de la souplesse, et l’enfant fait très bien la différence entre les deux maisons.

Enfin, n’oubliez pas ce qui compte le plus : le respect des limites des grands-parents et le remerciement régulier font partie des règles de garde. La spécialiste avance d’ailleurs qu’il est bénéfique pour tout le monde que la lourdeur de la tâche ne vienne pas gâcher ces moments passés entre grands-parents et petits-enfants. Un merci dit sincèrement pèse souvent plus lourd qu’un reproche.

Vous n’êtes pas les seuls

Vous n’êtes pas les seuls. « Si Grand-père insiste pour servir plusieurs parts de gâteau au chocolat pour le déjeuner, il se peut que des visites aient lieu après les repas, même si cela déplaît aux grands-parents de voir les enfants ne pas manger avec eux. » La situation est banale, et elle se règle plus par un ajustement d’horaire que par un conflit.

Recadrer un grand-parent réveille souvent une culpabilité tenace, surtout quand l’enfant s’y met aussi. Et si les règles sont appliquées de façon inégale d’un enfant à l’autre, la jalousie entre frères et sœurs s’invite à la maison. Mieux vaut tenir sur le sommeil et la lecture, et lâcher prise sur le reste.

Vous savez maintenant que le cadre se pose sans menaces, qu’il se négocie sur les détails mais se tient sur ce qui compte vraiment, et que le remerciement vaut mieux que le reproche. Les grands-parents ne respecteront peut-être jamais toutes vos règles, et c’est très bien ainsi. L’important, c’est que les enfants sachent que les deux maisons veillent sur eux dans le même sens. Et vous, vous retrouvez la paix : celle de savoir que le lien compte plus que la règle, et qu’un grand-parent prévenu vaut mieux qu’un grand-parent surveillé. Courage.


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