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Jalousie entre frère et sœur : ce qui la déclenche vraiment, raconté par des parents

7 août 2026

Jalousie entre frère et sœur : ce qui la déclenche vraiment, raconté par des parents

« À l’instant où je vous écris, il vient de débarquer : “Maman, tu peux dire à Aaron d’arrêter de m’insulter, j’vais pas dire ce qu’il m’a dit mais…” Il me titille, essaie de susciter une réaction de ma part. Je suis lasse. » — Le Balagan, 15/03/2024

Si vous avez déjà entendu cette phrase, vous savez de quoi on parle. Cette lassitude qui s’installe quand les disputes deviennent la bande-son du quotidien. Ce n’est pas un échec. C’est juste que personne ne vous a raconté ce qui se joue vraiment.

Le déclencheur qui revient toujours

La jalousie entre frère et sœur ne démarre pas avec un jouet convoité. Elle démarre avec un sentiment bien plus profond : l’injustice d’être traité différemment.

« Souvent, le point de départ, c’est quand l’un estime que ses parents le traitent différemment de son frère et que ces différences sont injustes. » — Le Balagan, Candice Satara, 15/03/2024

Ce n’est pas le biscuit qu’il a eu en plus. C’est l’impression que l’autre a toujours le biscuit en plus. Que ses bêtises passent mieux, qu’il est le préféré. Et ce sentiment, il ne se raisonne pas avec un « je vous aime autant ». Il se nourrit des petites différences qu’on ne voit même plus.

Ce que ça fait d’être arbitre à plein temps

Il y a un moment où on arrête d’être parent pour devenir arbitre. On tranche, on départage, on cherche le coupable, on distribue les sanctions. Et on se retrouve à compter les points.

Ce rôle est épuisant, pas seulement parce qu’il prend du temps. Surtout parce qu’il vous éloigne de ce que vous vouliez être comme parent. Vous vouliez des fous rires, des souvenirs. À la place, un contentieux permanent.

Le pire, c’est que plus on arbitre, plus les enfants nous prennent pour cible. Ils ne règlent plus rien entre eux : ils viennent vous chercher, vous prennent à témoin, vous instrumentalisent. La dispute devient un spectacle dont vous êtes le seul public. C’est un piège.

La stratégie que beaucoup essaient — et qui se retourne

Face à cette escalade, beaucoup de parents adoptent une posture logique : protéger celui qui semble le plus fragile. Le plus jeune, celui qui pleure plus vite.

« J’ai tendance à défendre Liv, car j’ai l’impression que mon fils est quand même très choyé […] Mais je ne suis pas sûre que ce soit la bonne solution. » — Clara, mère de 4 enfants, Le Balagan, 15/03/2024

Clara le sent bien : cette stratégie ne fait qu’empirer les choses. L’enfant protégé comprend qu’il a un levier — il suffit de pleurer pour que le parent vole à son secours. L’autre, celui qu’on ne défend pas, accumule un ressentiment qui finit par exploser ailleurs. On ne rééquilibre rien : on valide un rôle de victime d’un côté, un coupable de l’autre.

Ce que change le fait de ne plus compter les points

Certains parents finissent par poser le sifflet. Pas par lassitude, mais parce qu’ils découvrent une posture différente.

« J’en ai eu assez d’être une arbitre qui compte les points et départage les joueurs en disant qui a tort et qui a raison. Je les laisse se déchirer et n’interviens seulement quand cela devient trop violent ou si j’entends une insulte intolérable à mes yeux. » — Le Balagan, 15/03/2024

Ce n’est pas du laisser-faire. C’est tracer une ligne : vous ne montez plus sur le ring. Les enfants apprennent à se débrouiller, à négocier, à se réconcilier sans le tribunal parental. Au début, c’est le chaos. Ils vous appellent plus fort. Et puis, ils comprennent que le spectacle n’a plus de public — et les disputes deviennent plus courtes, moins théâtrales.

Les phrases qui font monter la tension d’un cran

Il y a des réflexes qui, sans qu’on s’en rende compte, jettent de l’huile sur le feu. « Arrête de l’embêter, tu vois bien qu’il est plus petit. » Pour l’aîné, ça veut dire : « ta place compte moins ». « C’est toi qui as commencé. » Traduction : « tu es le problème ». « Sois gentil avec ta sœur. » Traduction : « tes émotions ne m’intéressent pas ».

On ne les dit pas par méchanceté. On les dit parce qu’on est fatigué, parce qu’on veut que ça s’arrête. Mais ces phrases ne règlent rien. Elles blessent celui qui les reçoit, confortent l’autre dans son rôle de victime, et alimentent exactement ce qu’on voudrait éteindre.

TémoignageSituationCe qu’il révèle
« Souvent, le point de départ, c’est quand l’un estime que ses parents le traitent différemment de son frère et que ces différences sont injustes. » — Le Balagan, Candice Satara, 15/03/2024Un enfant perçoit un traitement inégal dans la fratrieLa jalousie naît du sentiment d’injustice, pas d’un objet disputé
« J’en ai eu assez d’être une arbitre qui compte les points et départage les joueurs en disant qui a tort et qui a raison. Je les laisse se déchirer et n’interviens seulement quand cela devient trop violent ou si j’entends une insulte intolérable à mes yeux. » — Le Balagan, 15/03/2024Une mère décide de ne plus arbitrer chaque conflitArrêter de compter les points permet aux enfants d’apprendre à se réconcilier seuls
« J’ai tendance à défendre Liv, car j’ai l’impression que mon fils est quand même très choyé […] Mais je ne suis pas sûre que ce soit la bonne solution. » — Clara, mère de 4 enfants, Le Balagan, 15/03/2024Une mère protège celle qu’elle perçoit comme fragileProtéger le plus vulnérable enferme chaque enfant dans un rôle qui nourrit le conflit
« À l’instant où je vous écris, il vient de débarquer : “Maman, tu peux dire à Aaron d’arrêter de m’insulter, j’vais pas dire ce qu’il m’a dit mais…” Il me titille, essaie de susciter une réaction de ma part. Je suis lasse. » — Le Balagan, 15/03/2024Un enfant instrumentalise le parent dans sa disputeQuand les enfants prennent le parent à témoin, la dispute devient un spectacle épuisant

Questions que se posent les parents

Qu’est-ce qui se cache vraiment derrière la jalousie entre frères et sœurs ?

Derrière la jalousie, il y a une peur : celle de perdre l’amour ou l’attention des parents. Un enfant jaloux ne lutte pas pour un objet, il lutte pour une place. Il ne demande pas « pourquoi il a eu plus de gâteau », il demande « est-ce que tu m’aimes autant que lui ». On ne raisonne pas une peur.

Quelle place est la plus difficile dans une fratrie ?

Chaque place a ses difficultés, mais l’aîné vit une expérience particulière : il a connu le parent « à lui tout seul », puis a dû partager. Une perte qu’aucun cadet ne peut comprendre. Le cadet, lui, grandit dans un monde où l’autre est déjà là, plus grand, plus fort — une autre forme de comparaison douloureuse.

Comment réagir face à un frère ou une sœur jaloux, sans empirer les choses ?

D’abord, arrêter de chercher le coupable. Dès qu’on désigne « celui qui a commencé », on valide la logique du conflit. Ensuite, reconnaître l’émotion sans la juger : « je vois que tu es en colère » plutôt que « arrête d’être jaloux ». Enfin, accepter que certaines disputes se règlent sans nous — et que c’est une bonne chose.


Vous n’êtes pas les seuls. Si vous passez vos journées à arbitrer, si le bruit des disputes vous pèse au point de ne plus vouloir rentrer, sachez que des milliers de parents vivent la même chose. La jalousie entre frère et sœur n’est pas le signe d’un foyer dysfonctionnel. C’est une étape presque universelle, que beaucoup traversent sans en parler, persuadés d’être les seuls à ne pas y arriver. Courage.


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