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Questions d'argent

Comment mettre de l'argent de cote : virement automatique épargne

7 août 2026

Comment mettre de l'argent de cote : virement automatique épargne

« J’ai longtemps cru qu’épargner, c’était pour ceux qui gagnent bien leur vie. Et puis j’ai compris que c’était surtout pour ceux qui veulent dormir tranquilles. » Une mère sur r/ParentingFR, mars 2026

Le déclic

Je n’oublierai jamais ce samedi matin. Mon fils de six ans regardait un dessin animé dans le salon, mon café refroidissait sur la table, et je fixais mon compte en banque sur l’écran du téléphone. Une facture de vétérinaire était tombée la veille, le frigo sonnait creux, et il restait onze jours avant le prochain salaire.

Ce n’était pas la première fois que je finissais le mois sur les rotules. Mais ce matin-là, j’ai eu honte. Pas de mon salaire, pas de mon mode de vie. Honte de ne rien avoir anticipé. Je n’étais pas dépensière. Je ne remplissais pas un Caddie de folies chaque semaine. Je survivais, tout simplement, et à la moindre secousse, tout menaçait de s’écrouler.

En parlant avec une collègue à la machine à café, deux jours plus tard, j’ai découvert qu’elle mettait de l’argent de côté depuis des années. Pas des sommes folles. « Trente euros par mois au début, et puis j’ai augmenté quand j’ai pu. » Trente euros. Le prix d’un menu livré le vendredi soir. Je me suis sentie bête, et en même temps, soulagée. Ce n’était pas une question de revenus. C’était un muscle que je n’avais jamais entraîné.

Ce que j’ai mis en place

Je suis rentrée chez moi ce soir-là avec une idée toute simple : je n’allais pas me fixer un objectif de montant. J’allais me fixer une habitude.

Le virement automatique. J’ai ouvert un second compte, un livret sans carte bancaire, et j’ai programmé un virement de 30 euros tous les 2 du mois, juste après le versement du salaire. Le principe était bête : si je ne vois pas l’argent, je ne le dépense pas. Et ça a marché. Trente euros, c’était invisible dans mon budget. Six mois plus tard, sans effort, j’avais 180 euros de côté. La première fois que j’ai regardé le solde de ce compte, j’ai eu l’impression d’avoir triché. J’avais épargné sans m’en rendre compte.

La règle des 50/30/20, version simplifiée. Vous en avez peut-être entendu parler : 50 % du revenu pour les besoins essentiels, 30 % pour les envies, 20 % pour l’épargne. Sur le papier, c’est joli. Dans la vraie vie, avec un loyer qui mange déjà 40 % du salaire, ça coince.

Alors j’ai fait ma propre version. J’ai pris une feuille, un crayon, et j’ai regardé ce qui partait vraiment chaque mois. Voici ce que ça donnait :

PosteRègle classique (50/30/20)Mon adaptation réaliste
Besoins essentiels (loyer, électricité, courses)50 % du revenu60 % du revenu, parce que le loyer ne négocie pas
Envies (sorties, vêtements, petits plaisirs)30 % du revenu20 % du revenu, en se faisant plaisir autrement
Épargne20 % du revenu10 % du revenu, par virement automatique
Imprévus (vétérinaire, réparations, cantine)Pas dans la règle10 % du revenu, parce que la vie avec des enfants est pleine de surprises

Cette version à quatre cases m’a réconciliée avec mon budget. Je n’essayais plus d’atteindre un idéal qui ne correspondait pas à ma vie. Dix pour cent d’épargne, sur un salaire de 2000 euros, c’est 200 euros par mois. C’est déjà 2400 euros au bout d’un an. Ce chiffre, je l’ai posé sur le papier un soir, et il m’a donné un coup de fouet.

Le petit jeu des arrondis. J’ai aussi ajouté une règle rigolote : tous les vendredis soir, je regarde le solde de mon compte courant, et j’arrondis aux dix euros inférieurs. La différence part sur le livret. Parfois c’est 3 euros, parfois 17, parfois rien du tout. C’est anecdotique sur un mois, mais sur une année, ces miettes m’ont rapporté presque 150 euros sans que je lève le petit doigt.

Ce qui a changé

Le vrai changement, il n’est pas sur mon relevé bancaire. Il est dans ma tête.

La première chose, c’est que j’ai arrêté d’avoir peur d’ouvrir mon application de banque. Avant, je retenais mon souffle, comme si le simple fait de regarder allait aggraver la situation. Maintenant, je sais ce qu’il y a dessus. Je sais ce qu’il y a sur le livret. Et même si ce n’est pas encore trois mois de salaire, c’est assez pour ne plus me sentir au bord du vide.

La deuxième chose, c’est que j’ai découvert que je pouvais me faire plaisir sans dépenser. Le vendredi soir pizza livrée, c’était un réflexe de fatigue. En préparant une pâte maison avec les enfants, j’ai gagné autre chose : un moment ensemble, de la farine partout, et vingt euros qui restent sur le compte. Ce n’est pas du sacrifice. C’est un échange.

La troisième, plus inattendue : mon conjoint s’y est mis aussi. Pas parce que j’ai fait la leçon. Juste parce qu’il m’a vue moins tendue. Un soir, il m’a demandé combien j’avais réussi à mettre de côté, et le chiffre l’a bluffé. Il a ouvert un livret le mois suivant.

Questions de parents

Par où commencer quand on n’a jamais épargné ?

Oublie les grands objectifs. Ouvre un livret, programme un virement automatique de 10 euros le lendemain de ton salaire. C’est tout. Ne cherche pas le meilleur taux, ne compare pas les banques, ne calcule pas combien tu auras dans dix ans. Fais juste ce premier geste. Dans six mois, tu me diras si tu as senti passer ces 10 euros.

Est-ce que la règle des 50/30/20 fonctionne vraiment avec des enfants ?

Sur le papier, oui. Dans la vraie vie, il faut l’adapter. Les enfants, c’est une ligne budgétaire qui ressemble à un gruyère : des trous partout. La cantine, les activités, le pédiatre, le cadeau d’anniversaire du copain. Si tu bloques sur les pourcentages, tu vas te décourager. Mon astuce : une case « imprévus » en plus, alimentée par un petit virement automatique elle aussi. Comme ça, l’anniversaire surprise du copain ne fait pas dérailler le budget du mois.

Faut-il épargner avant ou après avoir remboursé ses crédits ?

J’ai posé la question à ma banquière, qui m’a répondu sans détour : « Les deux. » Si tu attends d’avoir tout remboursé pour commencer à épargner, le premier imprévu te renvoie au crédit, et tu repars pour un tour. Un tout petit virement d’épargne, même symbolique, te protège de cette spirale. Le taux du livret est moins élevé que le coût d’un découvert, c’est mathématique.

Que faire quand il ne reste vraiment rien à la fin du mois ?

D’abord, ne culpabilise pas. Ensuite, regarde les petites fuites. Sans changer de vie, sans te priver, j’ai trouvé 40 euros par mois rien qu’en résiliant un abonnement que je n’utilisais plus et en changeant d’assurance habitation. La loi Hamon permet de résilier une assurance à tout moment après un an. Quarante euros, c’est le début de ton virement automatique.

Vous n’êtes pas les seuls

Vous n’êtes pas les seuls. Quand j’ai commencé à parler d’épargne autour de moi, j’ai découvert que la plupart de mes amies étaient dans le même bateau. Une copine célibataire avec deux enfants m’a dit : « Moi, j’ai commencé à 5 euros par mois. C’était ridicule, mais ça m’a appris le geste. » Une autre, en couple, m’a confié qu’elle cachait un petit livret à son conjoint, pas par malhonnêteté, mais parce qu’elle avait besoin de se prouver qu’elle pouvait le faire seule. La troisième vidait ses pièces jaunes dans un bocal depuis trois ans et s’était payé un week-end avec. Aucune n’est experte en finances. Aucune n’a de tableau Excel. Toutes ont trouvé un truc qui leur ressemble. Si tu te sens nul·le en argent, tu es en excellente compagnie.

Pour creuser la question du budget familial, on en parle aussi dans nos pages sur le quotidien des familles. Vous pouvez également consulter les informations officielles sur les livrets d’épargne sur service-public.fr.


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